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Notice catalogue


Titre: Sociologie de la fessée.
Réflexion sur la violence ordinaire dans la famille
Auteur: Christine Barras
Préface: Daniel BERNARD
Catégorie: étude/recherche
Pages: 194
Format: 14 x 20 cm (largeur x hauteur)
Prix TTC: CHF 33.- (28 €)
ISBN: 978-2-940371-24-2

Le thème de la fessée illustre une tension entre deux logiques éducatives contradictoires, l’une fondée sur la parole et le respect, l’autre sur la nécessité d’une autorité structurante. Ses détracteurs la jugent abusive et humiliante. Ses défenseurs justifient qu’une méthode un peu musclée amène l’enfant à intérioriser des normes. Une enquête sur la fessée a été réalisée auprès de 237 étudiants de 19 ans. Ils ont donné leur avis sur cette pratique vécue ou non en tant qu’enfants, et sur un discours sociétal tantôt autoritaire, tantôt permissif, à partir duquel ils se projettent en tant que parents. Même si la fessée peut n’être qu’un accident de parcours, les gestes qui partent tout seuls ne sont pas anodins. Le registre éducatif d’autrefois, alimenté par une société qui n’a pas abandonné la violence, hante notre quotidien. Mettre en débat la banalité de nos pratiques est peut-être un premier pas pour s’en libérer. Ce livre propose des pistes tant pour les parents désemparés que pour les professionnels en quête d'arguments.




Diffuseur/distributeur: Servidis SA

Statut: disponible en librairies







L'auteur


Christine Barras (Publications, CV)

Christine Barras, linguiste, est actuellement formatrice et consultante dans le domaine du soutien à la parentalité. Jusqu’en 1993, elle a travaillé comme chercheuse sur les parlers régionaux, signant trois ouvrages dans le prolongement d’une thèse de doctorat présentée en 1984 à l’Université de Neuchâtel, intitulée «Les proverbes dans les patois de la Suisse romande».

Depuis 1993, elle s’est engagée dans des études qui l’ont amenée à analyser la situation de la famille aujourd’hui. Chercheuse en sciences psychopédagogiques à l’Université de Mons (Belgique) de 1995 à 2005, puis en santé publique à l’Université catholique de Louvain (2005-2007), elle a réalisé des interventions auprès des familles, généralement des mamans confrontées à des soucis éducatifs, par la mise en place de groupes de parole pour les parents, a consacré un livre au développement des compétences parentales sans le recours à un expert, avant d'orienter ses recherches sur la maltraitance et les modalités d’intervention au sein de la famille. Collaborant pendant deux ans (2005-2007) au projet français «Universités populaires de parents», elle s’intéresse notamment à la problématique du changement dans le champ éducatif, ou encore à l’hyper-information dispensée aujourd’hui à des parents en quête de repères.



L'ouvrage

Notre société encourage un modèle éducatif fondé sur la communication, la transparence et le respect de la personne. Ce sont notamment les travaux de F. Dolto qui ont permis de prendre conscience non seulement de la valeur, mais de la spécificité et des compétences de chacun dès les premiers jours de la vie. Cette vision de l’éducation constitue un progrès immense face à une éducation dite traditionnelle. Celle-ci, en effet, prend parfois le visage de la pédagogie noire, maltraitance légitimée par un groupe social, destinée à briser l’enfant pour qu’il devienne un homme aguerri et capable, s’il se soumet, d’accepter et de reproduire ce qu’il a subi.

Ce qui rend la situation d’aujourd’hui complexe pour les éducateurs, c’est la cohabitation partiellement inconsciente, souvent grinçante, entre ces deux modèles éducatifs contradictoires. Le premier se fonde sur une culture de la réponse, le second sur une culture de la question. Au cours des années, la substitution de l’un par l’autre a été partielle, avec des frontières brouillées, avec des avancées et des régressions. Les médias apportent une information surabondante en argumentant les bienfaits d’un type d’éducation et les dangers de l’autre, chacun des camps caricaturant les dérives et les excès de l’autre.

Pour mettre en débat ces injonctions éducatives contradictoires, j’ai réalisé une enquête sur la fessée auprès de 237 étudiants de l’Université de Mons (Belgique), âgés de 18 ou 19 ans. Par un questionnaire qui les a amusés et surpris, je leur ai demandé de donner leur avis sur cette pratique qu’ils ont vécue ou non en tant qu’enfants, et sur un discours sociétal tantôt autoritaire, tantôt permissif, à partir duquel ils se projettent en tant que parents.

Le thème de la fessée illustre bien une tension entre deux idéologies éducatives souvent liées à l’appartenance à une classe sociale. La fessée suscite des réactions extrêmement polarisées. Ses détracteurs la jugent abusive et humiliante, si l’on considère que le fort abuse du plus faible. Ses défenseurs se réclament du célèbre «Qui aime bien châtie bien», justifiant qu’une méthode un peu musclée amène l’enfant à intérioriser des normes jugées bonnes. Même si la fessée peut n’être qu’un accident de parcours, les gestes qui partent tout seuls ne sont jamais anodins. Le registre éducatif d’autrefois, alimenté par une société qui n’a jamais abandonné la violence, hante notre quotidien comme un fantôme. Mettre en débat la banalité de nos pratiques est peut-être un premier pas pour s’en libérer.





Presse écrite

L'Objectif, Châtiment, Christine Barras publie une sociologie de la fessée. La fessée était ritualisée, terrifiante..., 9 novembre 2012, p. 1 + 5.


Tout l'emploi, Formation, Le Père Fouettard est un salaud, 29 octobre 2012, p. 45-46.


Migros Magazine, Editorial + Entretien, Christine Barras "La fessée est un fossile comportemental!", 6 août 2012, p. 5 + 46-47 et 49.


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